[Séance ciné] Gravity

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Après avoir vu le trailer de Gravity, j’étais assez intrigué par ce qu’un tel film pourrait accomplir… L’espace n’est pas un thème nouveau, mais c’est toujours intéressant de voir comment le sujet est traité à chaque fois (Moon m’a vraiment marqué, même si c’est sur la Lune et non dans l’espace pour ainsi dire, mais bref), et avec les nombreuses critiques que j’ai pu survoler, ce film valait la peine d’être vu – on disait même que la 3D était superbe. Soit, je me laisse influencer et organise une séance avec deux potes pour le voir en VO et en 3D – pas d’IMAX dans les alentours, mais faisons sans. On enfile les lunettes 3D après vingt minutes de publicité et c’est parti !

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Bouche bée

Le film commence assez directement avec le titre sur fond noir et une montée musicale surpuissante, abruptement coupée pour laisser place au silence absolu de l’espace. Le film se met en place, on découvre peu à peu le décor et les protagonistes. Dr Ryan Stone (Sandra Bullock) est une experte en ingénierie médicale qui fait sa première excursion spatiale, accompagnée par Matt Kowalski (George Clooney), un astronaute qui effectue sa dernière mission avant de prendre sa retraite. Alors qu’ils procèdent à des réparations sur Hubble, en-dehors de leur vaisseau, des débris d’un ancien satellite croisent leur orbite… une surprise dont ils se seraient bien passés.

Le premier plan du film, qui passe de la Terre vue de l’espace aux personnages au satellite ne dure pas moins de treize minutes, sans aucun coupure, et ça c’est beau, autant techniquement que visuellement. Le plus fort, c’est qu’on ne s’en rend pas compte, tellement on est immergé dans le film (d’ailleurs, le réalisateur, Alfonso Cuarón, m’avait déjà épaté avec ça dans Children of Men). Gravity est d’une rare beauté, avec des séquences où la planète Terre joue un rôle de fond, ainsi que toutes les étoiles qu’elle regarde – un décor saisissant. Le film a été tourné dans une énorme salle, les acteurs attachés à des câbles, mais on a vraiment l’impression qu’ils sont en apesanteur – bien entendu, il y a un gros travail de post-production derrière, mais c’est remarquable que tout n’ait pas juste été tourné sur un “‌vulgaire‌”fond vert. Je tiens à mettre en avant une courte séquence, je ne vais pas le détailler mais il faut voir le film pour comprendre, je parle d’un plan que je qualifierais de… fœtal, ou ombilical. C’est l’un des plans les plus poignants et magnifiques du film, à mes yeux. Gravity fait également un usage exemplaire de la 3D. C’est le premier film que je vois en 3D qui ne m’a pas dérangé pendant la séance, et qui ne m’a pas donné mal à la tête à la fin. Ce qui saute à l’écran est très bien géré et nous plonge encore plus dans le vide de l’espace.

Outre la splendeur globale du film en termes visuels, le travail sur le son est incroyable. Le silence se fait ressentir, mais n’est pas omniprésent puisqu’on a le droit à quelques formidables musiques qui soulignent les actions du film. Au niveau des effets sonores, c’est bluffant, puisque les seuls bruits que l’on entend sont ceux que les personnages perçoivent dans leur combinaison : leur radio, et les vibrations qui se propagent dans leur tenue. Alors, oui, il y a quelques sons présents que nous ne sommes pas supposés entendre mais pour renforcer le spectacle, il y a quelques exceptions, et je pardonne largement ce détail. À ce titre, il y a probablement quelques libertés prises en ce qui concerne les lois de la physique, mais sans pour autant être de la science-fiction. Le réalisme est plutôt bien ancré dans le film, et se mélange bien à ces scènes d’actions sensationnelles auxquelles nous avons le droit. Les personnages, il n’y en a que deux, concrètement, et c’est une performance sans égal que Sandra Bullock délivre, et je pense que beaucoup apprécieront son rôle dans ce film – elle a fait un travail phénoménal. George Clooney est fidèle à lui-même avec son attitude et apporte un peu d’humour dans ce décor sans vie. Ils sont attachants et on ressent leur détresse, ce qui a pour effet de créer une tension constante pour le spectateur. Certains iront critiquer le rythme, d’autres le scénario, mais puisque c’est mon avis ici, je peux vous dire qu’il n’en est rien. Le film dure environ 90 minutes, et c’est juste ce dont il avait besoin pour raconter son histoire.

Gravity est une grande réussite et une expérience unique que je vous conseille vivement de voir au cinéma, en 3D (et en VO, les amis)… voire en IMAX 3D si possible, pour me rendre jaloux. Le grand écran et son système sonore rendent ce film renversant (c’est le cas de le dire) et je suis par avance triste de ne pas revivre ça quand le Blu-ray sera disponible (petit écran, bonjour), mais je garde un excellent souvenir de ma séance qui se classe comme un des grands films de 2013, on ne s’ennuie pas un seul instant ! Il va sûrement recevoir quelques récompenses, acteurs compris. Comme Avatar à son époque, Gravity révolutionne un peu le cinéma à sa façon… Je suis resté ébahi devant le film, peut-être que vous aussi ?

Gravitationnellement vôtre,
À plus !

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