[Test] Assassin’s Creed Odyssey

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Seulement un an après AC Origins, Ubisoft continue sur sa (re)lancée et nous offre une nouvelle aventure, ancrée dans la Grèce Antique : Assassin’s Creed Odyssey. Après avoir offert la possibilité d’alterner entre deux protagonistes dans AC Syndicate, on doit cette fois choisir un protagoniste et s’y coller ! D’emblée, ce nouveau volet, avec son univers spartiate, m’intéresse beaucoup. Je vous laisse enfiler votre cuirasse, on va visiter la Grèce ensemble !

Leonidas dans le film 300 qui donne un coup de pied à un émissaire perse, l'envoyant dans un gros trou.
Bienvenue en Grèce !

Le jeu pose une base chronologique avec le combat des spartiates contre les forces de Xerxès Ier. Une entrée en jeu qui est pour le moins remarquable. Nous avons ensuite le choix entre découvrir l’histoire d’Alexios ou de Kassandra. Personnellement, j’ai suffisamment joué aux assassins avec la gent masculine, c’est donc Kassandra qui sera ma protagoniste pour ce volet ! Après quelques flashbacks, on apprend comment elle s’est retrouvée sur la petite île de Céphalonie (ou Kephallonia), devenue une misthios (une sorte de mercenaire) qui rêve de découvrir son destin. Quelques conflits réglés plus tard, elle se voit offrir la possibilité de quitter l’île. Une opportunité de voir la Grèce dans toute sa splendeur, ses habitants, et ses magnifiques paysages.

Une amélioration comparé à Origins est la présence d’arbres de dialogue. Kassandra rencontre de nombreux personnages au cours de son aventure (notamment au travers de quêtes annexes) et peut effectuer un acte qui être la source de graves conséquences sur le développement de l’histoire, d’une région et des relations de notre protagoniste. Le scénario peut donc avoir de petites variations d’un joueur à l’autre, ce qui est un enjeu intéressant pour un AC ! Le scénario principal est en soi plutôt riche et les séquences dans le présent sont minimes (Zeus soit loué !). Kassandra découvre le Culte : un vaste réseau de personnages qui contrôlent la Grèce avec des intentions politiques désastreuses qui pourraient avoir des conséquences sur sa vie et celles de ses proches. Ceci nous envoie dans de nombreuses régions, pleines de nature, d’édifices et de quêtes annexes qui ont leur propre petit fil narratif, apportant beaucoup de dynamique au pays grec.

Le jeu est splendide sur bien des points, avec une nature dense et colorée. Les personnages ont un paquet de finitions, avec des cicatrices bien visibles et des veines qui feraient raffoler un vampire. Les bâtiments, modestes ou somptueux, regorgent de petits détails qui apportent de la vie à des lieux déjà bien animés. Les villes sont pleines d’habitants qui mènent leur vie, de gardes qui effectuent leurs rondes, et d’animaux qu’il vaut mieux ne pas attaquer (un coq a déjà désynchronisé mon perso, faites attention…). Grimper sur le haut d’une statue d’Athéna et admirer la ville en contrebas est assez fantastique. À part les grosses cités, beaucoup de villages se ressemblent mais on ne fait que passer donc ce n’est pas bien grave… Notre personnage a aussi l’occasion de traverser de nombreuses cavernes, souvent peuplées d’ennemis et de trésors. Odyssey introduit une option pour les quêtes qui m’a beaucoup plu : le mode guidé, ou exploration. Avec ce mode, la destination n’est pas toujours indiquée précisément sur la carte et il revient au joueur de trouver où se rendre par le biais d’indices (par exemple : dans telle région, au sud de tel campement). Cependant on n’est pas limité à la terre, puisqu’il est possible de naviguer les mers de la Grèce avec notre navire, l’Adrestia. Il y a beaucoup de régions à découvrir, chacune avec leurs lieux historiques et parfois, leurs mythes. Et heureusement, le mode photo permet d’immortaliser tous ces ravissants paysages, de jour comme de nuit. La musique accompagnant cet épisode est proche de l’idée que j’aurais eu de la musique grecque, avec de belles sonorités de lyre, de percussions et de chœurs (la musique des menus et d’exploration sont sublimes). La palette audio grecque est superbement utilisée au travers des morceaux intenses comme calmes, apportant de la variété et un vrai sens d’aventure épique – oserais-je dire… d’une odyssée ?

Le gameplay est de son côté assez proche de AC Origins mais on retrouve aussi les bonnes vieilles batailles navales, qui ne sont pas toujours facile. Heureusement, il est possible de prendre la fuite, et le vent est toujours en notre faveur (contrairement à AC Black Flag !). Monter notre personnage en niveau permet d’utiliser de meilleurs équipements, qui sont aussi améliorables et gravables afin d’y assigner un attribut supplémentaire. L’arbre de compétence, quant à lui, permet de débloquer des capacités passives et actives, que l’on peut déclencher avec un combo (L1/L2 + une des quatre touches géométriques sur PS4). Mon attaque favorite est sans l’ombre d’un doute le coup de pied spartiate. Comme dans le film 300, il permet de faire voler des ennemis très, très loin… Pratique pour éliminer une horde d’adversaires qui grimpent en haut d’une falaise – grave erreur. Un seul défaut à relever pour moi, est un nombre de « freezes » assez important, durant lesquels le temps est figé mais la caméra du jeu reste contrôlable – cela dure rarement plus de deux secondes mais est assez irritant en plein combat.

Le jeu ajoute aussi un système de recherche, un peu comme la police dans un GTA. Ici, ce sont des mercenaires qui sont à la poursuite de notre protagoniste au fur et à mesure que l’on effectue des actions illégales (voler des biens et surtout, tuer des soldats). Ceci apporte un peu de piment et c’est parfois bien difficile de s’en sortir quand trois mercenaires s’en prennent à vous. Mais se rendre en haut d’une falaise est une bonne idée avec le coup de pied spartiate… Alternativement, pour être tranquille, on peut éliminer la personne ayant placé la prime sur notre tête, ou tout simplement payer la prime nous-même. Les combats sont en général bien gérables et bien dosés, tant que l’on regarde le niveau de nos adversaires. Un niveau en rouge est difficile mais une tête de mort ?… mieux vaut repasser plus tard. Les nombreuses quêtes permettent de monter assez vite en niveau donc on n’est pas trop coincé si l’on ne se précipite pas à travers le jeu (plus de 56 heures avant de finir l’histoire principale, pour ma part !). Il est aussi possible de se battre pour Sparte ou Athènes pour conquérir une certaine région du pays, au travers de batailles précédées par quelques tâches de réduction de pouvoir d’un camp sur la région (tuer un chef, détruire les entrepôts d’armes…) – une entreprise qui récompense beaucoup !

Le personnage de Kassandra est passionnant et même si nos choix guident son caractère, elle est de nature sensible et forte. Elle évolue beaucoup entre ses débuts à Céphalonie et la fin du jeu, avec une certaine grâce qu’il est agréable de constater pour un personnage de jeu vidéo, surtout féminin. Les relations qu’elle entretient, bonnes ou mauvaises, romantiques ou amicales, ne sont pas superficielles et permettent de mieux la comprendre. Je suppose qu’il en est de même avec Alexios, même si j’espère que la narration n’est pas exactement la même. Narration qui se divise en chapitres mais aussi entre « groupes » pour les quêtes, notre personnage ayant plusieurs objectifs imposants. Les proches de notre protagoniste sont relativement intéressants, comme Phoibe, qui permet de découvrir le côté plus doux de Kassandra. On croise également des gens aux noms assez imposants comme Socrate, tout en apprenant pas mal de choses sur l’histoire de la Grèce (quelque peu romancée…), en pleine guerre, divisée entre Sparte et Athènes. Un vrai bain de philosophie mais surtout de sang, car notre misthios a beaucoup de travail à faire et beaucoup d’adeptes du Culte à éliminer (un élément de gameplay ma foi assez fun !).

Je dois admettre que je craignais un essoufflement quand Odyssey avait été annoncé, juste un an après le bol d’air frais qu’était Origins. Cela dit, je suis agréablement surpris que la recette ait été améliorée dans le bon sens ! Cette expérience était savoureuse et captivante, avec beaucoup de choses à offrir. Le côté RPG est plaisant et bien étalonné, l’exploration est vaste et parfois ardue mais rémunératrice et la prise de risque est joliment récompensée. Le jeu est magnifique sous tous les angles et la Grèce brille de mille feux avec ses statues colossales et ses temples monumentaux. Origins était joli mais le désert égyptien pouvait lasser — Odyssey nous offre un pays hellénique à couper le souffle. Kassandra est charmante et son aventure est tout simplement fabuleuse, dans un contexte grec antique qui est ensorcelant et jonché de mythes et divinités. Ubisoft continue sur une belle lancée de « renouveau » pour AC et je suis curieux de voir ce qu’ils ont de prévu pour l’avenir…

Mythiquement vôtre,
À plus !


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