[Test] Assassin's Creed : Valhalla

Après un renouvellement de la série avec Origins et Odyssey (tous deux excellents, mais surtout ce dernier) pour visiter l’Égypte et la Grèce Antiques, c’est au tour des Vikings avec Assassin’s Creed : Valhalla. Étant moi-même descendant de peuples scandinaves (de là à déterminer si j’ai du sang viking… c’est très difficile), c’est un chapitre de l’histoire qui m’intéresse particulièrement et que je suis content de découvrir à travers les yeux des scénaristes d’Ubisoft. Affûtez vos haches, nous allons faire un tour chez les Vikings…

Lagertha de la série Vikings en plein champ de bataille, vue de près, avec un air stoïque, pendant que des guerriers avancent à ses côtés.
Pour la gloire d'Odin !

Le jeu nous projette dans la peau d’Eivor, un·e guerrier·ère viking au IXe siècle. Comme Odyssey, nous pouvons choisir notre préférence d’incarner un homme ou une femme, mais cette fois c’est le même personnage au lieu d’un frère et une sœur (même si Kassandra est la meilleure), ce qui rend l’histoire un peu plus linéaire — notez qu’il semble que la variation féminine soit la version officielle des faits. Appartenant au Clan des Corbeaux en Norvège, Eivor est sous la protection du chef Styrbjorn, son père adoptif, et apporte la gloire au clan avec son “frère”, Sigurd Styrbjornsson. Lorsque les contrées nordiques ne suffisent plus, Eivor, Sigurd et leur clan mettent le cap sur l’Angleterre afin de conquérir de nouvelles terres pour étendre l’influence nordique en Europe. Cependant, un ordre secret a la main sur toute la région et ses quatre royaumes, et son contrôle est une menace pour nos Vikings. Eivor a beaucoup de travail devant soi…

Plan rapproché de Eivor et son équipage sur sa chaloupe sur une mer agitée, un ciel gris et un éclair qui illumine la flotte…

L’histoire d’Eivor est longue et pleine d’obstacles. Le jeu fonctionne ainsi : la carte est divisée en une dizaine de territoires, et il revient à Eivor de visiter chacun d’entre eux, et forger une alliance. La recette est cependant un peu fatigante, même si nous pouvons souvent choisir l’ordre du territoire que nous souhaitons engager, nous devons choisir un parmi trois territoires disponibles, et avancer dans l’histoire peu à peu. Une quête majeure apparaît, puis rebelotte. Chaque territoire représente un arc narratif, avec une série de quêtes, ce qui reprend un peu l’idée de AC Odyssey mais tous les arcs sont obligatoires, contrairement à l’aventure grecque. Le développement des personnages est intéressant, et les amitiés formées également (à condition de faire les bons choix !), car les arcs finissent par converger vers la fin du jeu, formant une solide histoire concernant toute la région anglaise. Je ne peux pas cacher que le jeu s’est beaucoup essoufflé au milieu pour moi, malgré ma tentative de changer un peu de rythme avec des quêtes secondaires. Le scénario reste intrigant mais il faut s’accrocher pour en voir la fin, et le jeu nous guide assez peu à ce niveau. Il faut donc toujours aller voir la carte des alliances pour commencer un nouvel arc, et par la même occasion trouver des membres de l’Ordre des Anciens. Je reste tout de même satisfait de l’aventure d’Eivor, et content du peu de séquences modernes qui n’apportent plus grand chose à la série, à mon goût. J’aurais juste aimé que ces séquences apportent un peu de conclusion à l’épisode Valhalla, car je me retrouvais à attendre que les crédits défilent, en vain.

Dans une petite clairière, un fanatique de l'Ordre des Anciens tenant une lance vient d'infliger un coup à Eivor qui est quasiment au sol. L'interface du jeu est visible avec la barre de vie de l'ennemi en haut, les capacités dans les coins inférieurs, et un marqueur de verrouillage sur le fanatique.

Le gameplay reprend les idées des récents volets, et je suis tout à fait content avec ça. Valhalla change cependant l’idée de niveau et propose à la place un arbre de compétence qui n’est pas sans rappeler le sphérier de Final Fantasy X. Chaque nouveau niveau nous donne deux points de compétence à dépenser parmi 400 “nœuds” répartis dans trois catégories, tandis que certains “mystères” sur la carte donnent un point, et ces niveaux grimpent assez vite sans ralentir, un système que j’ai fortement apprécié. Notre protagoniste est donc en évolution constante et nous avons difficilement l’impression d’être faible ou surpuissant, en plus d’obtenir des capacités de combat. L’équipement n’est pas fixé à un niveau minimum, mais peut être amélioré pour monter les statistiques et débloquer de nouveaux emplacements pour des Runes (qui confèrent de petits bonus sur une statistique). Le combat est plutôt varié car Ubisoft a fait un effort pour que le nombre de types d’ennemis soit large, entre les archers, les brutes, les lanciers et les bons vieux chevaliers, parmi d’autres. Un autre excellent point est le retour de la lame secrète ! Le jeu ne garantit pas une élimination directe mais une option dans le menu permet de forcer la réussite à 100% d’un coup de lame. Bien entendu, j’ai activé ceci car un ennemi ignorant notre présence qui se prend une lame dans la jugulaire, c’est vite vu. Les compétences spéciales sont également très utiles pour mieux s’en sortir en combat : j’avais aussi tout simplement adoré le “Coup de pied Spartiate” dans Odyssey, qui fait son retour ici comme “Coup de pied de Tyr” et disons juste que les ennemis au bord d’une falaise ont du souci à se faire… La difficulté est bien dosée et le jeu nous informe si nous attaquons un territoire ou un ennemi bien plus puissant, ou encore un monastère, car à notre appel, notre équipage peut débarquer et démarrer un raid afin de récolter des ressources pour améliorer notre colonie. Par contre, tuer des civils est interdit — moralement je suis bien d’accord mais de mémoire, ce n’était pas un problème chez les Vikings…

Capture du menu 'Inventaire' où l'on peut voir Eivor vêtue de la tête aux pieds d'équipement mythique, ainsi que d'un marteau légendaire et d'une excellente épée… le tout avec un indicateur de niveau de puissance à 400, le maximum.

Pour ce qui est de l’exploration, bien que la Norvège soit notre point de départ, c’est la région de l’Angleterre où nous passons la majorité de notre temps. Elle est assez vaste et les objectifs ne sont pas toujours clairement sur la carte, il nous revient donc d’explorer les lieux pour trouver le point d’intérêt par le biais de descriptions (système déjà introduit dans Odyssey ). Ce guidage peut être paramétré dans les options (de même pour la difficulté des combats, par ailleurs), mais je trouve ça sympa pour rendre le tout un peu plus réaliste et nous faire visiter les contrées anglaises (réalisme immédiatement cassé par l’utilisation de notre corbeau pour voir le terrain, ha !). La carte est aussi pleine de mystères, de richesses et d’artefacts à collectionner pour améliorer notre équipement et nos compétences. Valhalla est vraiment plein à craquer (trop, sûrement) de points d’intérêt sur la carte, rendant l’exploration un poil étouffante. Personnellement, je suis content de l’équipement mythique que j’ai amassé, digne de Thor ou du roi Arthur, mais je n’irai pas chercher chaque petite babiole, il y en a bien trop pour moi mais si vous aimez collectionner des heures durant, vous y trouverez votre compte ! Par contre Eivor est parfois capricieuse niveau parkour, se complique la vie et ça me semble moins fluide, causant pas mal de “Ah mais non !” chez moi… Ça reste cool de pouvoir grimper quasiment n’importe quelle surface, trouver des entrées cachées et dérober de nombreux trésors. Nous avons aussi des mini-jeux à trouver : l’orlog (un jeu de dés), un concours de boisson (bière ou hydromel), ou encore une chasse à la feuille volante comme dans Black Flag (très peu pour moi).

Eivor accroupie dans une maison avec une partie détruite du mur derrière, laissant entrer la lumière du jour qui fait également briller

Sur PS5, des modes visuels “Performance” et “Graphique” sont disponibles. Alors que le premier tourne à 60 images par seconde, le second est à 30 images par seconde avec une qualité améliorée (lumière, reflets, etc.). Je préfère ce dernier car l’autre a causé des soucis de screen tearing (image déchirée) où la cadence d’image est mal synchronisée, et honnêtement, avec le peu de différences notables, je préfère une belle image bien stable. Sinon, quelques bugs comme des lèvres immobiles en dialogue ou des “sauts” d’un état à l’autre (bras le long du corps puis bras croisés instantanément, par exemple) — rien de méchant mais suffisamment fréquents. Une mise à jour récente a corrigé pas mal de soucis, dont pour moi celui du Festival de Yule où Eivor était ivre à chaque chargement de partie, ou encore mon carquois de flèche amélioré ne voyait pas de changement dans le de nombre de flèches disponibles — je me considère chanceux vu ce que j’ai pu voir partagé sur la toile ! Je dois aussi saluer la qualité audio du jeu. Certains dialogues ont un rendu très bizarre mais à part cela, c’est bien joué et plaisant à suivre. La musique est aussi plutôt cool, notamment lors de synchronisations (mais ça se répète), mais je me suis retrouvé un peu en manque de variété. C’est magnifiquement orchestré (ah, ces instruments à cordes !) mais pas assez mis en valeur, malgré plusieurs compositeurs de talents. Je vais m’écouter l’OST à part, car je sens qu’elle est sous-exploitée…

Plan large d'Eivor dans une grotte derrière une cascade, dans un environnement gêlé où de nombreuses stalactites sont visibles, avec des collines enneigées en arrière-plan.

Assassin’s Creed Valhalla est un nouvel épisode que j’ai globalement beaucoup apprécié. L’univers Viking est passionnant avec sa mythologie nordique (qui s’intègre bien avec les mythes de la Première Civilisation de AC) et il est intéressant de voir, à travers la vision Assassin’s Creed, l’installation de ce peuple en Angleterre (étant en plein visionnage de la série Vikings, ça se complète bien). Le rythme du jeu tombe un peu au milieu et c’est ce qui m’a posé le plus de souci, ayant passé 90 heures dessus pour en voir la fin et en faisant un nombre raisonnable, mais pas excessif, de quêtes annexes. Il tombe dans le piège d’en donner trop à faire, peut-être. La carte du jeu est immense — et très belle ! — que les plus déterminé·e·s pourront nettoyer, et le Season Pass ajoutera encore plus de contenu ! L’histoire d’Eivor est assez recherchée, et avec ses alliés, nous avons une belle panoplie de personnages qui donnent une belle profondeur à la narration. En tout cas il y a beaucoup de points positifs, avec une belle diversité proposée au cours de l’aventure, qui font de Valhalla un bon épisode plus que correct !

Nordiquement vôtre,
À plus !