[Test] Death Stranding 2: On the Beach

J’avais beaucoup aimé le premier volet et ne m’attendais pas à une suite, mais voilà que Kojima nous annonce Death Stranding 2 ! J’étais curieux de voir ce qu’une suite pouvait offrir et comment la recette pouvait être améliorée, alors enfilez vos meilleurs bottes, nous avons un continent à traverser !

Un livreur soulève une vingtaine de colis en une seule fois.
Y'a de la livraison à faire

Près d’un an après avoir reconnecté les côtes du pays américain, rené de ses cendres en tant que l’UCA, Sam se la coule douce, loin de tout avec Lou, qui n’est plus dans son “BB Pod”. Mais lorsque Fragile, maintenant à la tête de Drawbridge, le retrouve, elle lui confie une mission : connecter le Mexique au réseau chiral qui forme l’UCA. Un effet de ces connexions semble avoir été l’apparition soudaine d’un portail au sud du Mexique qui relie l’Australie. Sam est alors envoyé pour mettre le pays océanique sur le réseau chiral, dans l’espoir de connecter toujours plus de monde, et, peut-être, créer un nouveau portail vers un autre continent…

Un plan large montrant Sam traverser un pont à moto, avec un monorail suspendu plus loin, et de larges bâtiments en fond

Si vous avez aimé le premier Death Stranding, cette suite ne sera pas trop dépaysante (quoique, l’Australie ça change un peu !) en termes d’histoire. J’admets qu’il y a beaucoup de fils narratifs qui sont tissés lors de la première grosse moitié du jeu, et que je me suis senti un peu perdu. Néanmoins, venir à bout du jeu nous donne évidemment de nombreuses réponses et toutes ces toiles se rejoignent. J’avais bien vu venir un truc ou deux mais force est de constater que Hideo Kojima sait toujours surprendre. Quelques éléments narratifs se répètent (autant au sein de DS2 que comparé au premier) mais je ne peux pas trop vous ne dire sans gâcher une partie du jeu — sachez juste que ça ne m’a pas empêché d’apprécier tout ce qu’il se passe.

Sam traversant une région rocheuse avec un dos plein de cargo. Il pleut et le ciel est rougeâtre et menaçant.

Le personnage de Sam n’a pas beaucoup changé : il reste stoïque et peu loquace, ou parfois même un peu trop muet à mon goût (dire trois mots pourrait enlever tellement de confusion par moments) mais heureusement, il est accompagné par Dollman au cours de l’aventure, histoire de ne pas traverser l’Australie tout seul, qui devient son porte-parole… un peu comme un Daxter au côté d’un Jak ! Ce Dollman (oui les noms en -man  sont toujours de rigueur) est un charismatique petit personnage, ou plutôt, petite marionnette. Death Stranding oblige, le côté surnaturel est constamment mis en avant ! Léa Seydoux, qui livre une performance assez forte, assure le rôle de cheffe de Drawbridge et cela lui sied, d’où mon appréciation redoublé pour elle. Nous avons le droit à d’autres personnages que je vous laisserai le plaisir de découvrir mais le nombre d’acteurs·trices et réalisateurs de films augmente comparé au premier volet — Kojima est fan de cinéma et le montre ! Malgré un monde ravagé, il y a toujours des gens intrigants à visiter (sauf la “Data Scientist”, aïe c’est pas pour moi !). Des petits rôles sont donnés pour quelques personnages isolés dans leur bunker ; il y a même un musicien qui vient d’une banlieue près de chez moi qui à contribué à la bande-son… sympa !

Sam est en moto et monte une pente montagneuse lourdement enneigée.

Pour continuer sur la musique, nous sommes assez gâtés avec une belle poignée de morceaux qui soulignent l’atmosphère du jeu, qui se lancent automatiquement lors de moments clés. Traverser un vaste désert avec une douce musique un peu morne, ça fait son petit effet. La bande-son est soignée et en plus de Low Roar (dont le créateur Ryan Karazija est malheureusement décédé, mais dont les compositions mélancoliques continuent de me saisir), nous avons droit à une sélection éclectique, comprenant des artistes comme CHVRCHES ou encore Woodkid, que nous pouvons ensuite librement organiser en playlist et lancer en plein jeu. Je dois aussi saluer la performance vocale des personnages, notamment durant les cinématiques, qui sont riches et crédibles, renforcées par les animations qui sont pleines de détails et vie. La uncanny valley  est encore un peu là mais on y est presque ! Ceci est à l’image du jeu : riche et détaillé. Les décors sont somptueux et si ce n’était pas pour l’apocalypse, on aimerait presque y être ! J’ai fait environ un tiers du jeu en mode Graphique, et le reste en mode Performance : oui c’est un poil moins détaillé avec ce dernier mais honnêtement, les 60 images par seconde, c’est d’une fluidité exemplaire, et plaisant pour les rétines. Les effets météo sont particulièrement magnifiques et imposants, telles que les tempêtes de neige ou sable (bien que parfois cela nous impose une légère gêne pour voir !), pour ne rien dire des effets de lumière ou de particule dont le jeu profite. Ah et les temps de chargement ? Quasiment rien. Du moment où nous validons “Continuer” sur le menu principal, nous reprenons le contrôle de Sam en moins d’une seconde, et je n’exagère pas, promis (et j’ai une PS5 de lancement, pas une Pro ou quoi que ce soit) !

Sam se tient sur une petite plate-forme devant un containeur, tous deux suspendus sur un monorail qui traverse un delta.

Contrôler Sam, ah oui, c’est assez important. Venons-en au gameplay. Les habitudes du premier volet reviennent vite, donc rien de déroutant, mais pour les nouveaux venu·e·s c’est assez facile à prendre en main. Bien que l’interface soit complexe et que le nombre de commandes soit élevé, tout est à sa place. Cependant je dois dire que le texte superposé sur l’écran est parfois très difficile à lire (notamment les messages sur le côté qui indiquent “Un autre joueur a utilisé votre pont” ou “Une route commence à se détériorer”, ainsi que les labels pour les colis répartis dans le monde), le contraste est trop faible. Mis à part cela, nous retrouvons beaucoup d’éléments du premier jeu pour ce qui est de la traversée ou du combat, avec la possibilité de fabriquer des motos ou camions pour se déplacer, ainsi que reconstruire des routes et, nouveauté, des monorails ! Notre vaisseau, le DHV Magellan, est aussi très pratique pour se rendre rapidement d’un point à l’autre (mais si nous essayons d’utiliser le voyage rapide pour transporter du cargo, notre évaluation est considérablement moins brillante) et pour transporter des ressources pour lesdits monorails et routes, que nous pouvons même extraire via des mines. Avec la pluie, les rivières peuvent également déborder, il faut donc parfois faire preuve de stratégie pour traverser ces régions inondées.

Sam se tient sur une falaise, vu de dos, et regarde le DHV Magellan au loin, qui est un vaisseau futuriste qui flotte, avec un railgun.

C’est une recette raffinée et sublimée que propose DS2 et je ne me suis jamais retrouvé coincé, mais j’ai bien galéré à plusieurs reprises — le challenge reste là malgré les améliorations et il faut prévoir sa route pour éviter les falaises, les inondations, les zones ennemies, ainsi que les Échoués (ces âmes perdues qui nous attaquent). D’ailleurs, ces derniers ont évolué et il y a maintenant un peu plus de variété, y compris des Échoués géants qui ne rendent pas du tout  serein. Sam peut heureusement les éliminer avec un arsenal toujours plus impressionnant, qui est adaptatif pour la plupart, pour éviter de tuer des cibles humaines, ce qui est appréciable : j’ai trouvé que DS2 nous donne moins d’opportunités de faire ce genre de bêtises, mettant l’accent sur assommer nos ennemis, et quand une arme est mortelle, ce risque nous est lourdement communiqué. Pour en finir sur les combats : la majorité d’entre eux est évitable (soit en faisant de l’infiltration, soit en contournant une zone dangereuse) mais il y a bien quelques séquences du scenario principal nous obligeant à nous battre. Cela dit, j’ai remarqué lors de ma première (et unique !) défaite, que deux options s’offraient à moi : retourner se battre ou terminer l’affrontement — j’en déduis qu’il est possible de sauter les combats trop coriaces qui nous empêchent d’avancer l’histoire — une idée sympa pour que le jeu reste accessible pour tout le monde.

Sam est en train de courir sur une pente rocheuse sous un ciel bleu, avec le dos chargé à bloc de cargo. Deux colis sont éparpillés aux alentours, avec une légende qui indique leurs contenus.

Death Stranding 2 est une excellente suite qui nous offre une expérience plus approfondie avec une histoire toujours plus perchée mais assumée, et qui malgré tout, fonctionne fichtrement bien, avec une belle poignée de moments surprenants et/ou déjantés. Le gameplay a aussi été légèrement revu pour gommer quelques frustrations et rendre le tout plus fluide et agréable, sans pour autant rendre le tout trop facile. Et je ne peux pas oublier la bande-son variée et envoûtante qui accompagne un décor australien fabuleux et riche, malgré l’apocalypse. Bref, une suite réussie !

Chiralement vôtre,
À plus !