[Test] Death Stranding

Après un Metal Gear Solid V succulent mais répétitif et à la fin amère, Kojima ne s’est pas reposé sur ses lauriers. Death Stranding est un jeu qui ressemble bien à MGSV mais qui explore tout autre chose. J’étais tout de suite partant grâce à la présence de Mads Mikkelsen et Norman Reedus mais sans me gâcher grand chose. Partons à l’aventure dans ce monde post-apocalyptique, mystique et terrifiant…

Trois personnes tentent de charger un canapé dans une petite voiture et ce n'est pas prometteur.
On va y arriver…!

Hideo Kojima a des idées peu communes, c’est ce qui le rend intéressant. Je vais essayer de poser les bases du scénario sans vous perdre ni gâcher quoi que ce soit… Sam (Reedus) est un coursier (ou “transporteur”) qui transporte divers cargos entre les villes-relais des UCA (Cités Unies d’Amérique, ou United Cities of America). Ce qui rend son travail dangereux est le fait que le monde a été envahi et dévasté par une force surnaturelle de l’au-delà — de “l’autre monde”, qui apporte son lot de curiosité comme le concept de chiralité (miroir entre le monde des vivants et des morts). Des êtres invisibles, les Échoués, parcourent le monde, capables de causer d’immenses dégâts. La pluie a le malheur de brutalement accélérer le vieillissement de ce qu’elle touche. Il y a des cités — et des refuses — qui persistent, avec de la technologie qui aide à détecter ces créatures mais Sam doit traverser l’Amérique pour reconnecter toutes ces villes au réseau chiral. Une bien lourde tâche…

Sam traverse une toundra avec des monts enneigés en arrière-plan.

Le jeu pose beaucoup de bases dès les premières minutes, ce qui a de quoi nous rendre confus. C’est après quelques heures de jeu que l’univers commence à se révéler et devenir plus clair, en partie… Des détails importants sont mentionnés furtivement, il faut donc être très attentif pour assembler le puzzle mental imaginé par Hideo Kojima. L’histoire de Sam est unique mais je ne gâcherai rien, promis. Disons simplement que sa réticence initiale pour aider à reconstruire le pays n’est que triomphée par des personnes de son passé à qui il tient encore. Il apporte une lueur d’espoir à toutes les personnes qu’il croise, reconnectant l’espèce humaine peu à peu. Il est un transporteur très doué mais un être humain encore plus extraordinaire.

Sam à proxomité d'un refuge en haut d'une montagne enneigée.

Il est doté de quelques qualités qui lui facilitent la vie, notamment contre les Échoués, les entités de l’au-delà. En plus de cela, il dispose d’un BB (Bridge Baby) qui l’aide à voir ces êtres. C’est alors évident que tout le pays repose sur lui. Malgré la confusion initiale, j’ai beaucoup apprécié le développement de l’histoire, qui invite le joueur à connecter le tout et comhuprendre comment tout est relié mais la route qui y mène est pour le moins tumultueuse. Les personnages sont intéressants et assez variés, avec un riche passé. J’ai beaucoup aimé ceux de Guillermo del Toro, Margaret Qualley, Norman Reedus et, à ma surprise, Léa Seydoux (que j’avais pourtant peu aimé dans Spectre). D’autres célébrités font une apparition, tel que Nicolas Winding Refn, Geoff Keighley ou Conan O’Brian, c’est assez amusant !

abcd

Death Stranding est exceptionnel visuellement, avec des visages bourrés de détails, pleins de petites animations. Rien à reprocher à ce niveau. Les décors sont aussi variés et proprement modélisés, texturés et illuminés. Les interfaces respirent l’hologramme, car c’est le futur, après tout. Globalement, le côté graphique rappelle énormément Metal Gear Solid V, sans surprise (effets et polices d’écriture compris). La musique est excellente, très mélancolique, non dans le rappeler le morceau d’introduction de la série DARK de Moderat. Il y a beaucoup de Low Roar dans ce jeu, surtout lorsque l’on traverse une nouvelle région ; j’adore cette ambiance ! Les différentes zones sont assez variées et très vastes. La région centrale a d’ailleurs de nombreuses zones rocheuses, une vraie plaie à traverser. Heureusement que l’on peut bâtir des routes…

Un vaste paysage déchu avec trois routes toutes neuves qui forment une intersection.

Le principe peut se résumer à apporter un colis d’un point A à un point B mais ce serait drastiquement simplifier un jeu riche et complexe. Sam apporte des ressources de grande nécessité (la plupart du temps…) à des villes-relais et autres abris (des preppers qui préfèrent vivre en isolation), en débutant par la côte est des ex-États-Unis. Son voyage vise à connecter toutes les villes jusqu’à la côte ouest, c’est donc un long périple. Heureuseument, la carte n’est pas à l’échelle mais ça reste un énorme terrain de jeu ! Il est possible de conduire des véhicules afin de transporter des cargos plus lourds, grandement facilité par les routes, auxquelles il faut contribuer des matériaux pour les construire et les maintenir. Certaines missions demandent de transporter des centaines de kilos de cargaison, il est donc bien utile d’avoir un chemin qui relie départ et destination pour notre camion, Sam ne pouvant que transporter un poids (et volume) limité.

Sam avec une tour de cargo sur son dos, faisant environ deux fois sa taille.

Il y a d’autres types de structures, comme des échelles, des ponts, des abris contre la pluie et même des refuges sous-terrains où l’on peut se reposer et réparer son véhicule. Tout ceci est partagé en réseau entre de nombreux joueurs, auxquels on peut attribuer des “Likes” pour les remercier. Tout le monde s’entre-aide donc et peut même poser de petits “panneaux” pour informer d’autres joueurs d’une zone d’Échoués ou pleine de cristaux chiraux (un type de matériau spécial). Les Échoués ne sont pas les seuls ennemis, car des MULEs (d’anciens porteurs devenus accros à la livraison) peuvent aussi tenter de vous tuer pour voler votre cargo. Et qui dit “ennemis”, dit “armes” ! Un bon mélange est disponible pour ne tuer personne (car un corps consommé par une entité échouée causerait une Néantisation — comme une explosion, mais avec de l’antimatière…), ainsi que divers équipements, tel qu’un exo-squelette, pour faciliter la traversée de terrains avec plus de reliefs ou le transport de lourdes cargaisons.

Sam tient son BB proche, sur une colline avec une ville au loin.

J’ai passé près de 100 heures à livrer divers cargos à travers une Amérique dévastée mais pas dénuée d’espoir… Le scénario est encore un peu flou dans ma tête mais la fin permet de comprendre la plupart des choses. Kojima livre une expérience nouvelle qui m’a beaucoup capturé. En dépit de quelques éléments frustrants (physique parfois capricieuse sur les véhicules et quelques aller-retours longuets), le gameplay est riche. Le côté multijoueur asynchrone fonctionne bien mieux que je ne l’imaginais à première vue et cet aspect coopératif est très réconfortant. Un véritable OVNI (objet vidéoludique non-identifié) dans notre sphère culturelle, Death Stranding est un jeu qui m’a scotché. Uniquement disponible sur PlayStation 4 pour le moment, la version PC arrive !

Transportement vôtre,
À plus !

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