[Test] Screamer

Après quelques années sans un bon petit jeu de course, j’étais chaud pour Screamer : un reboot d’une licence développée par Milestone (ex-Graffiti) en 1995 — la boucle est bouclée. Tout un tournoi nous attends alors faites chauffer la gomme et voyons ce que Neo Rey nous réserve !

Un plan de Fast And Furious Tokyio Drift où une voiture de course effecture un dérapage en cercle
Dérapages garantis !

Screamer nous introduit à trois personnages, faisant partie d’une équipe de course — les Green Reapers — venant de s’enregistrer pour un tournoi de courses très illégal à Neo Rey, une ville un peu futuriste qui rappelle Night City de Cyberpunk 2077. Bien que la récompense de cent milliards de dollars soit intéressante, le vrai but est de faire la course contre Gabriel : il est responsable de la mort de leur capitaine Quinn, et le trio compte bien causer un infortuné accident pour avoir leur vengeance. Mais lorsque le mécano du tournoi installe sur toutes les voitures un dispositif nommé Echo, qui permet de revenir d’un accident mortel en un instant, sans aucune égratignure, leurs plans sont chamboulés et ils vont devoir réévaluer leur stratégie au cours du tournoi, tandis que les autres équipes complotent aussi de leurs côtés…

Une voiture traverse une route dans une zone industrielle, avec d'énormes tuyaux sur le côté de la route. Une interface de jeu indique les objectifs et comment effectuer un boost.

Le scénario est assez poussé pour un “simple” jeu de course. Il y a 5 équipes de 3 personnages, sans compter d’autres comme le mécano, l’organisateur, l’annonceuse… bref, pas mal de monde, tous avec leur propre voix, leur propre personnalité, et leurs propres buts. Ce que je trouve intéressant, c’est que notre perspective est modifiée à chaque “épisode” (il y a 4 chapitres au total, avec un peu moins de 150 épisodes au total), et nous ne sommes pas restreint à notre trio : nous assistons à des scènes pour chaque personnage ou équipe, ce qui nous offre une vision assez large sur ce qu’il se passe. La plupart du jeu se déroule via des dialogues “statiques” (une illustration des personnages, et une grosse bulle de texte), bien que nous ayons aussi quelques cinématiques plus détaillés. L’histoire fonctionne bien, surtout grâce à ces alternances entre protagonistes, et raconte un ensemble cohérent. Je ne veux rien gâcher mais disons que ce jeu est plus complexe qu’on ne pourrait croire au premier coup d’œil…

Un bolide traverse une route de nuit entre une tour de contrôle et une navette spatiale, qui semble prête à partir.

Il y a effectivement des vraies relations entre les personnages, un passé bien établi, et ça donne de la vie à cet univers, le rendant crédible. Je me suis retrouvé assez attaché à plusieurs des participant·e·s, et avec une bonne dose de mépris pour d’autres. De ces 150 épisodes, j’ai envie de dire qu’une petite moitié, au moins, est composé de dialogues uniquement, alors que l’autre est un dialogue précédant une course. Il y a donc de quoi apprendre à connaître/apprécier/détester ces personnages, et de quoi les voir évoluer, et peut-être même changer d’avis sur eux. Alors que certains deviennent assez toxiques, d’autres comme Lavinia sont adorables, et je me suis retrouvé fasciné par toutes les langues parlées : tous les personnages ont un traducteur universel et parler la même langue n’est plus nécessaire. Nous avons donc le plaisir d’écouter pas mal de japonais, un peu de français, du hindi, de l’italien, de l’allemand, du néerlandais, et bien sûr, de l’anglais. Étant avare de langues étrangères, j’ai trouvé ça assez sympa d’être bombardé de différents dialects et accents !

Deux personnages dessinés dans un style manga se font face, avec une bulle de dialogue en-dessous.

Pour ce qui est de l’esthétique, alors que les cinématiques sont dans un style typique d’anime , nous avons aussi des séquences plus simples de dialogues avec des dessins de personnages qui interagissent, type manga. Mais pour ce qui est des courses, c’est du réalisme signé Unreal Engine 5, avec des lumières très convaincantes et des jolis reflets, mais aussi des petits effets, comme par exemple l’impact entre deux voitures en course qui est digne d’un manga. J’ai parfois eu un peu de mal à “lire” le circuit à cause de certaines zones peu éclairées mais après un temps d’adaptation pour apprendre les virages, je m’y suis fait. Les décors sont assez vivants, avec du traffic sur une route hors de notre circuit (donc pas de collisions à la Burnout !) ou des piétons derrière les barrières (donc pas de collisions à la GTA !) pour ce qui est de la ville, mais nous avons plusieurs zones, dont une un peu éloignée qui est industrielle, une montagne aux routes sinueuses, ainsi qu’une forêt verdoyante où nous avons presque envie de nous arrêter pour admirer les gigantesques arbres. L’interface du jeu est aussi assez futuriste avec des coins à 45 degrés de partout, un petit soupçon de Akira, ça ne se refuse pas. Les musiques sont également bien ancrées dans l’univers, avec un mélange assez éclectique de musique électronique : drum’n’bass et J-pop coexistent sans problème en ambiance pendant nos courses (la toute dernière du jeu a un excellent morceau d’ailleurs). Les dialogues sont nombreux, et suivent les codes anime , donc les soupirs type “ugh!” sont un peu trop présents pour mon goût, et parfois c’est un peu trop stéréotypé, mais sinon les actrices et acteurs y ont mis du leur, et la personnalité de chacun est clairement audible.

Une voiture dérape dans un virage sur une route entourée de grues et de conteneurs. Le soleil est en train de se coucher et une belle couleur rose affecte la silhouette de la ville en arrière-plan.

Je termine sur le gameplay qui est assez unique. C’est un jeu de course arcade, donc avec du boost, du dérapage, et même des façons d’éliminer ses adversaires sur le circuit. Alors que le stick gauche dirige (un peu) notre véhicule, le stick droit permet (beaucoup) de déraper, à tel point que seul ce dernier est vraiment utile. Nous pouvons contre-braquer un peu mais tout se joue sur l’accélération et le dérapage de notre bolide. C’est un sacré coup de main à prendre, et ça demande de la patience. J’ai percuté un nombre incalculables de murs au cours du tournoi, surtout que nous changeons très souvent de pilote et donc de voiture, qui ont chacune une maniabilité différente, et même une compétence spéciale différente (double-boost, pour n’en citer qu’une), nous forçant à ajuster notre stratégie au cas par cas. Nous accumulons de l’énergie Sync notamment en changeant de vitesse pile au bon moment (quand le moteur entre en surrégime, avec L1 sur PS5), et enclencher le boost remplit notre Entropie, qui peut être utilisée pour déployer un bouclier défensif, une frappe offensive, ou qui peut être économisée pour déclencher notre Overdrive : ce dernier est un mode dévastateur surchargé où tout véhicule sur notre chemin sera explosé, mais tout impact avec le décor nous éliminera aussi. Il faut donc être très tactique car ce mode a un boost permanent, et dure jusqu’à 30 secondes — plein de temps pour se manger un mur… Il faut faire attention et utiliser toutes ces ressources méticuleusement afin de remporter la course. Cela dit, il y a plusieurs types de courses, avec des objectifs additionnels tels qu’enclencher sa compétence spéciale, ou éliminer un adversaire en particulier : parfois frustrant, parfois satisfaisant. Les courses en équipe ont un système de points basé sur la position de chaque joueur en plus de chaque élimination, et j’ai bien aimé cette approche : au lieu de juste vouloir être en première place, il est encouragé d’être chaotique et exploser ses adversaires — fun ! Et une petite dernière note : il y a en souvent un raccourci dans chaque circuit, mais tous ne sont pas aussi utiles. J’ai plus d’une fois songé à baisser la difficulté mais après quelques essais et un raccourci découvert, j’ai pu atteindre les objectifs, petit à petit, et finir le jeu en difficulté normale, non sans sueur ! Je rajoute aussi que le jeu propose un mode multi local et en ligne, ainsi qu’un mode arcade pour faire des courses pleinement personnalisables.

Un bolide de course traverse une route entourée de grands arbres, de nuit. Un énorme silo est visible en fond, d'apparence un peu futuriste.

Screamer est donc un jeu de course arcade qui ravive la flamme d’antan. Nous avons ici un mélange réussi qui se positionne sur tout ce que nous avons pu voir sur PS2 entre Burnout et Jak X. Le jeu est très joli avec ses décors ainsi que ses cinématiques, jonglant entre réalisme et illustration, et une variété plaisante d’environnements. Je crois être loin d’être le seul à avoir eu du mal à me faire aux commandes, avec le dérapage dédié au stick droit, et je comprends les critiques, mais ayant pu finir le jeu, c’est possible, ça demande juste un temps d’adaptation. Malgré des moments tendus, j’ai beaucoup apprécié cette vision de la course arcade, et si vous cherchez des sensations de l’ère PS2/Xbox, Screamer est peut-être tout juste ce qu’il vous faut !

Dérapagement vôtre,
À plus !