[Test] The Last Guardian

Non, vous ne rêvez pas ! The Last Guardian, le fameux jeu de la Team Ico, l’arlésienne de cette dernière décennie, est enfin là ! On peut dire que l’attente aura été longue avec un développement compliqué, s’étalant sur huit ans. Ceci dit, la patience est l’arme du gamer, et c’est avec plaisir que nous pouvons désormais nous plonger dans ce monde, plein de mystère et de poésie. Dépoussiérez vos plumes, on va découvrir ce que nous réserve cette aventure !

Comme ce à quoi nous a habitué Ico et Shadow of the Colossus, le synopsis de ce jeu est mystérieux. On incarne un jeune garçon qui se réveille dans un lieu inconnu, aux côtés d’une créature dénommée Trico, connue pour être mangeuse d’homme, également piégée dans cet endroit, avec quelques blessures. Apprivoisant sommairement ce mammifère au corps plumé, le garçon coopère avec son compagnon inattendu pour s’échapper de cette forteresse qui semble abandonnée, ou presque…

La prise en main de ce jeu est classique mais fonctionne bien pour ce qui est du garçon, avec des commandes simples comme sauter ou s’accrocher à une corniche (bien que Triangle pour sauter soit un peu contre-intuitif dans le feu de l’action, mais pour un jeu japonais, je peux comprendre). Pour ce qui est de la bête, c’est un peu hasardeux par moments. Trico ne réagit pas toujours à nos commandes, ce qui peut rendre certaines séquences un poil agaçantes, voire très pénibles. Après, c’est un petit garçon qui tente de diriger une énorme créature – ça reste crédible. Aussi, une mécanique du jeu, pour se libérer de l’emprise des armures bleues qui nous attaquent, nécessite de… matraquer tous les boutons et je trouve ça fatigant (et bruyant !), un seul bouton aurait suffit mais passons. Les nombreux puzzles à résoudre sont parfois complexes et demandent de réfléchir en-dehors des sentiers battus et paraissent pourtant si évidents une fois élucidés. Le gros point noir de ce gameplay est pour moi la caméra qui n’est pas très amicale, qui nous ôte le contrôle et se focalise parfois où il n’y en a pas l’intérêt – dommage. Globalement, on s’habitue tout de même assez vite et on peut prendre le temps d’admirer le décor avec Trico, le caressant pour le calmer après un combat, ou le nourrissant avec un tonneau, avant de se lancer vers la suite.

Il faut savoir que le jeu est officiellement développé par Japan Studio (pour toute la partie implémentation et technique), avec genDESIGN (fondé par Fumito Ueda et ses confrères de la Team Ico) agissant en tant que consultants et directeurs créatifs, narratifs, etc. Le jeu est indéniablement beau, avec un certain charme qui se dégage de cet ancien lieu, immense, sacré et sinistre. La patte de la Team Ico est très reconnaissable, avec un mélange de ce qui faisait la particularité de Ico et Shadow of the Colossus, incluant un langage inintelligible (mais heureusement sous-titré !). Le design de la créature est impressionnant, avec un mélange entre chat, aigle et chien, pour un résultat atypique, mais qui me rappelle un peu mon chat. Du coup, j’ai été particulièrement attaché à cet animal et il m’était difficile de ne pas être attendri. En plus de cela, on a le privilège d’avoir une musique orchestrale, écrite par Takeshi Furukawa, qui capture l’esprit de The Last Guardian avec justesse et poésie, accompagnant somptueusement cette aventure entre deux amis improbables, jouant du silence pour renforcer sa présence à d’autres moments.

L’histoire de ce jeu est touchante, puisqu’elle met surtout en avant la relation entre le garçon et Trico, par le biais de leur tentative d’évasion de ce lieu. Pour autant, on finira par en apprendre comment les deux compagnons se sont retrouvés ensemble et ça aide à mettre en contexte le tout. On n’en apprend très peu sur cet endroit lui-même et les armures bleues qui le gardent, mais on arrive peu à peu à dégager du sens de tout ceci, avec une narration en voix-off du garçon, devenu vieillard, qui raconte son histoire. De toute façon, comme le dit l’expression, le voyage est plus important que la destination, et cela est tout à fait vrai dans ce jeu. J’ai été émerveillé par le lieu et ses anciennes runes, mais ce qui m’a motivé à aller au bout de l’histoire est bien de connaître le sort des deux compagnons… En tout et pour tout, une aventure émotionnelle, sans aucun doute, qui résonnera avec de nombreux joueurs en quête de quelque chose de différent, et les fans, qui auront attendu patiemment.

Il n’est pas facile de synthétiser l’aventure particulière qu’est The Last Guardian en quelques lignes, mais sachez que le jeu livre sa promesse. On a ici un jeu qui développe un attachement entre homme et animal avec peu de mots, et qui utilise avec brio les interactions pour créer un lien très fort entre les personnages et le joueur. J’ai ressenti des émotions variées au travers de cette aventure, et j’en suis reconnaissant ! Je me suis vraiment attaché à Trico via ce garçon et j’ai adoré cette aventure, malgré les frustrations du gameplay. C’est un jeu très spécial, unique et onirique, que nous avons là, et je ne peux que vous recommander de vous le procurer pour vivre cette expérience par vous-même. Vous ne le regretterez pas, et si vous aimez les animaux mignons, vous avez tout à y gagner !

Oniriquement vôtre,
À plus !

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