[Test] Metro Exodus

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Les jeux Metro, adaptée des livres écrits par Dmitry Glukhovsky, ont connu un certain succès depuis la sortie de Metro 2033 en 2010. Le troisième volet de la série, Metro Exodus, nous apporte une nouvelle vision du futur, en dehors des tunnels du métro moscovite. Je n’ai jamais pris le temps de faire les deux premiers volets (2033 et Last Light) mais j’étais très intrigué par Exodus alors j’ai décidé de me lancer dans l’aventure. Si vous voulez bien me joindre et équiper votre compteur Geiger, ça va irradier…

Un soldat avec un masque à gaz courant à pleine vitesse dans un terrain aride et déchu.
Tellement de distance à couvrir

Notre protagoniste, Artyom, est convaincu que les survivants du Métro ne sont pas les seuls rescapés de la guerre. Il explore souvent la Surface à la recherche de signes de vie, jusqu’à ce qu’il en trouve par hasard… Entourés d’ennemis, lui et sa femme Anna découvrent un train qui devient leur seule issue : l’Aurore. Le reste de leur unité, l’Ordre de Sparte, les rejoignent et ils partent à l’aventure sur les rails à travers une Russie post-nucléaire…

Le train de l'équipage pris au piège dans une tempête de sable.

Je n’ai pas lu les bouquins (mais en ai maintenant envie !) ni joué aux précédents volets donc je débarque dans un univers totalement inconnu. Le jeu propose une introduction assez complète avec une chronologie des événements précédents représentés dans une rame de métro — très stylisé et intéressant ! J’ai donc vite saisi le contexte même si certaines références me sont passées au-dessus de la tête parfois. Le tout se déroule sur une année, répartie sur dix chapitres de longueur variable, où l’on apprend à connaître les compagnons de Artyom, sa femme, ainsi que le colonel Miller, son beau-père… Certains choix (peu nombreux) impactent la fin du jeu et j’ai opté pour une approche pacifique, me donnant la fin positive. Honnêtement je ne m’attendais pas à une aventure aussi riche dans un FPS comme ceci, j’en suis sorti agréablement surpris. Les personnages secondaires ont leur place et sont pour la plupart attachants et mémorables. L’univers du jeu lui-même est bien construit, offrant beaucoup de détails qui forment un ensemble solide. Comme de nombreux jeux ces dernières années, ces détails sont parfois cachés dans des documents (journaux, lettres et enregistrements) que l’on trouve en explorant. Heureusement, la narration reste assez active, avec un peu d’exposition racontée par Artyom durant les écrans de chargement (qui sont odieusement longs sur PS4 Pro). Il y a aussi certains moments pseudo-hallucinatoires qui nous racontent une séquence du passé par le biais de ce que j’aimerais qualifier d’ombre nucléaire, (mais qui ne sont qu’un modèle 3D tout noir). Cependant les rares fois où j’ai vu ça, j’ai été un peu effrayé tout en apprenant de nouvelles choses — un bon petit mécanisme narratif.

Un tunnel sombre avec une fusée éclairante révèle des corps sans vie suite à un conflit.

La première chose qui m’a frappé quand j’ai commencé à jouer était la lourdeur du gameplay. Je sortais d’une lourde session avec Horizon : Zero Dawn, c’est donc vastement différent et il m’a fallu quelques heures pour me mettre dedans. Le jeu est cependant clément en présentant les éléments progressivement, notamment l’importance de remplacer les filtres de masque à oxygène, ou retirer notre masque durant les phases de combat pour éviter de l’endommager. J’ai tristement été confronté à trois plantage total du jeu, au même endroit, ce qui est très frustrant pendant la première heure de jeu… mais heureusement, aucun plantage n’est survenu par la suite ! Notre arsenal (jusqu’à 3 armes) peut être modifié avec des pièces détachées trouvées sur les fusils dans le monde du jeu, ou qui ne servent plus à des ennemis assommés ou tués. Une même arme peut être équipée trois fois avec des caractéristiques vastement différentes (revolver ou pistolet silencieux), ce qui permet de jouer avec son propre style, ce que j’apprécie toujours. La tenue de Artyom peut aussi être changée grâce à des améliorations cachées de le monde.

Artyom consulte sa carte du niveau avec des lieux d'intérêts marqués dessus.

La furtivité est également possible la plupart du temps (un indicateur de visibilité est présent sur le poignet de notre personnage) afin d’éviter un véritable bain de sang et parfois, éviter une action négative impactant la fin du jeu. Le cycle jour/nuit permet d’être plus discret la nuit, ce qui est bien pratique. Certains niveaux sont en mode ouvert, où explorer le terrain est très utile pour découvrir de nouvelles quêtes annexes, en apprendre plus sur ce qu’il se passe, tout en évitant de se faire éviscérer par un mutant — il y a en souvent un qui nous attend au tournant ! Il y a un type de mutant qui m’a peu plu : les araignées vivant dans le noir. Un peu flippant par moment. Le jeu présente aussi des véhicules contrôlables, tel une barque ou une camionnette. C’est lourd, erratique et loin d’être aussi efficace que dans le dernier God of War ou Grand Theft Auto mais on peut difficilement faire sans, dû à la grandeur de certains niveaux.

Notre protagoniste se tient dans un terrain aride avec des rochers et ruines visibles au loin.

Metro Exodus est un beau jeu, qui ne déçoit pas sur PS4 Pro. Les effets de lumière sont soignés et les décors sont loin d’être aussi vide qu’un monde post-apocalyptique ne le laisserait croire. Les armes sont détaillées et les personnages sont modélisés avec attention. Les expressions faciales sont parfois un peu rigides mais convaincantes dans l’ensemble. Il y a quelques textures basse-résolution mais uniquement sur des surfaces triviales. Le jeu a une bande-son assez discrète et de se réveille que durant les séquences d’action. Si l’on est sur le point de se faire remarquer, une petite musique nous en informe. J’ai été quelque peu frustré par le mutisme de notre protagoniste. Je comprends bien l’objectif d’immersion dans un tel FPS mais quand quelqu’un de paniqué contacte Artyom par radio pour s’assurer qu’il est bien vivant : une petite ligne de dialogue, s’il vous plaît ! Surtout que l’on a le droit à sa voix durant les chargements. Dans la version anglaise du jeu, l’accent russe de l’intégralité de l’équipe, sauf Sam (un américain), est crédible mais parfois un peu lourd à suivre. J’aurais dû jouer en russe !

Vue d'un tunnel dans le noir où quasiment seuls un laser de visée de fusil et un champignon phosphorescent sont visibles.

Metro Exodus reflète les grandes ambitions du studio 4A Games. Bien que ce ne soit pas encore à un niveau triple-A, il faut reconnaître qu’ils ont développé un bon jeu. Je me suis senti investi dans l’histoire d’Artyom et ses alliés. Le fil narratif fonctionne bien, agrémenté par de petits détails dans l’univers du jeu qui nous disent beaucoup de choses sur la vie après la tombée des bombes en Russie, de Moscou à Novosibirsk. Malgré un gameplay lourd, on finit par s’y faire et on peut bien s’amuser avec les options de personnalisation des armes. Le niveau de difficulté est raisonnable, avec des combats facultatifs et des détours/chemins alternatifs. Je me retrouve immergé dans l’univers du jeu, ayant envie de faire les précédents ainsi que lire les livres. Je pense que c’est l’indicateur d’une réussite malgré les défauts.

Radio-activement vôtre,
À plus !

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