[Test] Yooka-Laylee

Quand un Kickstarter pour un jeu de plate-forme 3D à l’ancienne créé par des vétérans de Banjo-Kazooie et Donkey Kong Country a fait surface en mai 2015, j’étais tout de suite intéressé ! Deux ans plus tard sort Yooka-Laylee, un jeu qui fera plaisir aux plus nostalgiques d’entre nous. Ayant adoré ce genre avec Jak And Daxter : The Precursor Legacy, c’est avec joie que j’ai participé au financement de cette licence. Sortez vos Nintendo 64 et voyons voir ce que nous réserve ce duo !

Yooka, une sorte de lézard vert, et Laylee, une chauve-souris violette, se reposent tranquillement alors que soudain, un livre de Laylee se met à voler et est aspiré dans une énorme usine à proximité. Ceci est l’œuvre de Capital B, une abeille d’affaire, et son bras droit Dr. Quack, un canard scientifique, qui veulent aspirer toute la littérature du monde pour en tirer un profit maximal. Non contents de cette situation, nos deux héros vont tout faire pour récupérer les pages de leur livre – apparemment peu ordinaire -, une par une s’il le faut !

Le scénario de Yooka-Laylee ne casse pas trois pattes à un canard, mais son côté léger et enfantin est simple à digérer et permet de se plonger dedans quelque soit notre âge, sans pour autant être débile. En effet, le jeu propose des dialogues amusants, parfois avec un sous-entendu un peu plus… adulte – surtout venant de Laylee, qui est mesquine et parfois méchante. On a aussi le droit à des brisures du quatrième mur, apportant une dose d’humour supplémentaire. Cela étant, les dialogues sont d’une lourdeur certaine, puisque les personnages ne sont pas dotés de voix à proprement parler. Ils ne sont que capables d’émettre une poignée de bruits à chaque syllabe, qui sont très irritants à la longue. Heureusement, il est possible de passer certains dialogues, mais pas tous – un patch devrait s’occuper de ce souci bientôt, pfiou… Tout ça pour dire que l’histoire est suffisante, mais ne se développe pas énormément avant d’arriver à la fin.

Le gameplay est le cœur de ce jeu, et il fait les choses bien… comme à l’époque. La caméra peut parfois être capricieuse (ceci sera également patché) mais s’en sort suffisamment bien la plupart du temps. La plate-forme est fun et bien pensée, avec des pouvoirs à débloquer par le biais de plumes, qui permettent d’introduire progressivement de nouveaux puzzles. Ces plumes sont au nombre de 200 par niveau, et sont parfois (très) difficiles à trouver, ainsi que d’autres objets à ramasser. Le but principal reste de trouver les pages dorées du précieux livre de Laylee (25 par niveau), en réussissant divers défis dans les cinq mondes du jeu. Une mécanique intéressante est l’expansion des mondes (tant que l’on a assez de pages) qui ouvre de nouvelles sections et donc, révèle de nouveaux défis. Ceci redonne de l’intérêt à chaque monde, même si mon conseil est de faire l’expansion dès que possible. Quelques défis sont parfois coriaces et demandent de la patience – beaucoup de patience, surtout les mini-jeux de Kartos ou Rextro qui m’ont fait rager plus d’une fois. Tout ne peut pas être facile, me direz vous !

On retrouve une belle poignée de personnages dans Yooka-Laylee, la plupart étant loufoques avec une apparence peu commode. De la scientifique hybride au serpent commerçant portant un pantalon, en passant par le wagonnet de mine abandonné et le tyrannosaure rex coincé dans l’ère 64-bits, il y a vraiment toute une panoplie de personnalités qui nous accompagne au travers des divers mondes. Laylee est habituellement peu courtoise avec ce beau monde, tandis que Yooka tente de la calmer et rester (relativement) poli.

Ceci a beau être un jeu qui puise ses racines dans l’époque Nintendo 64, il est tout à fait au niveau des jeux actuels. On a tout de même une sorte d’anneau autour de notre duo, qui délimite une sorte de clipping où les textures perdent en détails, mais bon, le rendu reste propre et vivant. L’univers du jeu est vaste et coloré, avec cinq mondes aux aspects très différents. Le premier m’a beaucoup rappelé des ambiances de Jak And Daxter, ce qui n’est pas pour me déplaire. Avec l’expansion des mondes, on a droit à des niveaux assez grands où l’on finirait presque par se perdre (surtout quand on cherche des objets à collectionner !). L’esthétique est plutôt cohérente, exagérée pour la plupart, entre les différents mondes et les personnages qui les occupent – un mélange éclectique, et c’est peu dire. On a bien entendu des musiques qui accompagnent ces divers lieux, et elles y correspondent bien. C’est presque burlesque par moments, et si on reste coincé sur un défi, il n’est pas rare que la musique nous monte à la tête. Combinez ça aux dialogues lourds et des effets sonores un peu trop répétitifs, et vous ne serez pas loin de la touche « Muet » de votre télécommande. Enfin, peut-être qu’un enfant supporte mieux ça mais ce n’est pas mon cas.

Yooka-Laylee est donc une célébration des jeux de plate-forme des précédentes générations, et réussit son pari malgré quelques imperfections que l’on a du mal à justifier en 2017. Le jeu m’a plu sur de nombreux aspects et je me vois tout à fait le recommander à des fans de plate-forme. Avec environ vingt-cinq heures de jeu au compteur pour tout finir (enfin, un glitch me prive d’une page à collectionner, pas de 100%, pas de trophée, bref…), ce jeu propose un contenu riche et fun pour de nombreux joueurs en quête de nostalgie et de nouveauté à la fois ! Et puis j’ai mon nom dans les crédits (parmi des milliers d’autres, certes…) donc forcément, j’approuve. Yooka-Laylee est désormais disponible et devrait même arriver sur Switch sous peu !

Plateformement vôtre,
À plus !

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